Je vous partage ici quelques conseils pour bien choisir sa formation pour les référent.e.s harcèlement sexuel et agissements sexistes CSE et entreprise.

Que dit la loi ?

La loi n°2018-771 du 5 septembre septembre 2018 a introduit une nouvelle obligation pour les entreprises : celle de désigner et de former 1 ou plusieurs référent·es harcèlement sexuel et agissement sexistes dès le 1er janvier 2019. Cette obligation concerne l’ensemble des entreprises de plus de 11 salarié.es qui disposent d’un Comité Social et Économique (CSE). Ainsi, la loi impose de désigner 1 référent·e au sein du CSE. On peut noter ici que certaines entreprises font le choix de nommer 2 référent.es au sein du CSE et lorsque c’est possible, un binôme mixte. Ce choix permet d’offrir plusieurs voies de recours aux victimes de l’entreprise.

A cela s’ajoute l’obligation pour les entreprises de plus de 250 salarié·es de désigner 1 autre référent·e, cette fois côté entreprise. Cette personne est souvent une personne issue du service des ressources humaines mais il n’y a aucune obligation à ce sujet.

Le code du travail précise que les membres du CSE « bénéficient de la formation nécessaire à l’exercice de leurs missions en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail ». La  formation des référent·es apparaît donc comme une obligation pour les entreprises.

Cependant, les rôles et missions des référent·es restent aujourd’hui encore assez flous. Le Code du travail indique que le.la référent·e « entreprise » est « chargé d’orienter, d’informer et d’accompagner les salariés en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes». Le manque de précision du côté des missions induit une grande variété d’interprétation et de contenus dans les offres de formations offertes aux entreprises et aux CSE.

Pour les formations que je dispense, je suis donc partie de ma transcription des missions des référent·es en attendus opérationnels.

Mon offre de formation pour les référent.es

Ainsi, pour moi, « orienter et informer les salarié.es » veut dire être capable d’identifier et de nommer des agissements afin d’indiquer aux salarié.es les procédures qui peuvent être engagées. Cela permet aussi de clarifier pour elles et eux les conséquences, à la fois du point de vue des procédures internes mais également des recours juridiques externes disponibles.

Par ailleurs, « accompagner les salarié.es » signifie avoir la bonne posture pour inspirer la confiance, aider la victime à s’exprimer, lui offrir un cadre bienveillant et rassurant. C’est aussi disposer des outils pour réaliser une enquête interne objective et être en mesure de se protéger soi-même, face à des cas difficiles.

Une femme cache son visage avec ses mains en signe de détresse. Une main est tendue vers elle en signe d'aide.

Or s’en tenir à cela n’est pas suffisant de mon point du vue. Je pense que pour informer et accompagner il faut aussi comprendre et décrypter. Je conçois donc des formations qui démarrent systématiquement par une étape d’explication et de déconstruction des stéréotypes de genre et par un éclairage sur les mécanismes du sexisme. Une fois ces bases posées, il est alors possible de rentrer plus en détails sur les différentes formes de sexisme.

Ensuite, avant de travailler sur la posture du.de la référent·e, il est selon moi nécessaire de cartographier les impacts du sexisme, à la fois pour la victime mais aussi pour l’environnement de travail, pour sa famille, etc. Comprendre la diversité des impacts c’est aussi une manière d’apprendre à mieux les détecter et ainsi d’identifier les violences sexuelles et sexistes dans un témoignage qui ne les nommerait pas. 

En effet, une étude de l’Ifop pour le site VieHealthy.com a montré qu’au cours de son activité professionnelle, 1 femme sur 3 (32%) a déjà été confrontée à une situation de harcèlement sexuel sur son lieu de travail au sens juridique du terme, alors que seulement 22% ont le sentiment d’avoir été harcelées.

Enfin, un dernier enjeu clé qui doit peser dans le choix de votre prestataire de formation est aussi sa capacité à créer un groupe, un collectif d’échange à l’occasion de la formation afin que les référent·es. Ainsi, une fois revenu·es sur leurs lieux de travail respectifs, les apprenant.es pourront poursuivre les échanges et les partages d’expérience. 

Prochaines dates de formation :

  • Nantes, le 29 septembre et le 10 novembre
  • Paris, pour Women Today, les 13 octobre et 17 novembre
  • Dates possibles dans d’autres villes sur demande

Aurélie ARQUIER

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